Le petit village de Ludes et son
vignoble
Un seul objectif cette année, la célèbre marmotte. Un seul allié pour l'atteindre, mon tout récent compact. Pour le reste, je me lance dans une aventure que plus d'un
cycliste appellera opération suicide.
Nous profitons donc de cette fin de période professionnellement "dense" avec Sandrine pour prendre une petite semaine sur les hauteurs de Grenoble, à Chamrousse pour nous reposer avec en point de
mire pour moi (et pour elle aussi finalement, elle en a tellement entendu parler la pauvre...) la cyclosportive de la Marmotte. Le parcours totalise 174km pour 5000m de dénivelé. Mes jambes
totalisent moins de 1800km depuis le 1er Janvier, le dernier 100km remonte à plus d'un mois maintenant. Les sensations sont néanmoins correctes voir très correctes, mais plutôt sur 60/80km, au
dessus je n'ai absolument aucun repère, encore moins en montagne. Peu importe cela promet une nouvelle journée mémorable !
Samedi, levé à 4h, départ à je ne sais plus qu'elle heure et direction Bourg d'Oisans. Avec mon dossard 6200 et des poussières, je sais que je serai lâché vers les 8h donc contrairement à l'année
dernière, pas de panique pour se préparer, on a le temps ! Je retrouve Romain sur la ligne de départ pour échanger les dernières nouvelles avant que je ne lâche sa roue prématurément dans le
Glandon quelques minutes plus tard !
Ca y est, 7h50 les roues commencent à tourner, bon dieu que cela fait du bien ! Belle ambiance au départ, j'y retrouve Sandrine pour y échanger les derniers petits bisous sous les regards amusés
(envieux ?) des autres cyclistes. Nous passons sous l’arche de départ accompagnés par un petit orchestre. Les personnes présentes forment une petite haie d'honneur. Pour les "sans-niveau"
comme moi c'est un des seuls moments de gloire de la journée ! La longue ligne droite vers Rochetaillée sert d'échauffement, virage à angle droit et tout le monde se dirige tranquillement vers le
pied du Glandon. Quand la montée débute, la montagne calme toutes ces paires de jambes majoritairement rasées et on n'entend plus que le bruit des bicyclettes. Boudu ! j'avais quand même
oublié qu'un grand col alpestre c'est pentu et long ! Le côté positif de la montée est qu'en 34x25 le coeur est nettement moins haut que l'année dernière, le point négatif : la boisson me donne
des aigreurs d'estomac, beurk ! du mal à boire au final et à manger, je vais le payer dans 2 heures...
En effet la descente et la vallée se font tranquillement, je me sens nettement mieux que l'année dernière mis à part ces problèmes d'estomac. Pied du télégraphe : ravito en eau, le temps est
assez lourd. Le pied du télégraphe s'effectue relativement bien. Je suis confiant et progresse bien. Puis sans que l'on s'en rende compte la montagne s'occupe de régler votre cas. Alors qu'au
pied du col j'avais très chaud, à mi-pente je suis parcouru pas quelques frissons...pas bon signe...je me dis que je finirai bien comme ça et que je me ravitaillerai en haut du télégraphe. Dans
mon innocence je me dis également que de toute façon, un copieux ravitaillement est présent à Valloire... Je me hisse donc péniblement en haut du télégraphe, où je sens que les jambes flageolent
beaucoup. Après quelques minutes passées à me réhydrater je reprends la route en me disant que le ravito solide n'est pas loin. C'était sans compter sur les premières rampes du Galibier !!!
Scotché sur la route je roule à moins de 10km/h, j'ai l'impression de retrouver le niveau de fatigue de la marmotte 2007 mais à 5km de l'arrivée, pas à 80 ! La façon dont je me jette sur les
fruits secs au ravito de Valloire ne trompe pas, je suis en train de soigner une fringale que j'ai commencée vers la fin du télégraphe sans m'en rendre compte. Je m'arrête plus de 20 minutes à ce
ravitaillement pour essayer de me retaper et là c'est vraiment le doute qui m'envahi. Le coup de grâce vient d'un des bénévoles qui lance à son collègue "pas besoin d'aller rechercher de l'eau ce
sont les derniers là c'est bientôt fini"…
A proximité du sommet du télégraphe
Je reprends la route prudemment, j'essaie de m'économiser comme je peux jusqu'à Plan Lachat et y arrive finalement pas trop mal. Petit arrêt pour y contempler la beauté de l'endroit et c'est parti pour ce qui est pour moi alors la fin de la marmotte. En fait depuis Valloire je rumine et me suis finalement fait une raison. Tant pis pour cette année, j'ai joué j'ai perdu, je vais me hisser à mon rythme en haut du Galibier et arrêterai à Bourg d'Oisans. J'essaie donc de profiter du parcours encore un peu, on entre à présent dans la très haute montagne, il faut profiter de ces instants. Quelques kilomètres plus loin je pose le pied à terre, le temps d'envoyer un texto à Sandrine pour lui dire que j'arrêterai à Bourg d'Oisans. A peine reparti je reçois son appel : le "Oh ben non mon Lapin !!!" sonne le début de la révolte. Je lui dis que je vais rallier Bourg d'Oisans et ensuite je verrai. En tout cas le résultat ne se fait pas attendre. Je reprends du poil de la bête et alors que cela faisait bien longtemps que je me faisais doubler, je reprends à présent quelques vélos et je me hisse au sommet avec le moral en hausse.
Dans le "trou" que l'on devine à quelques dizaines de mètres se trouve la route par laquelle il fait se frayer un chemin vers le sommet du Galibier...
Le Galibier côté descente. Demain les pros du Tour monteront de ce côté.
Encore une fois on ne peut prendre tout le temps que l'on souhaiterait pour apprécier les lieux avant de repartir pour poursuivre le parcours. La longue descente du Galibier, si peu agréable
soit-elle permet de récupérer physiquement et mentalement. Je retrouve Sandrine à Bourg d'Oisans sous un soleil chaud et une ambiance bien plus chaleureuse que les rudes pentes du Galibier où le
vent et les quelques gouttes présentes rafraichissaient bien l'atmosphère. En tout cas les bisous sont bien plus baveux cette fois-ci que ceux du matin mais une chose est certaine : la marmotte
2008 ne s'arrêtera pas ici et je prends donc la direction du pied de l'Alpe. Quel plaisir de se faire encore encourager par les gens présents sur le bord de la route alors que 4000 vélos sont
déjà passés avant vous !
Fort heureusement le pied de l'Alpe est la partie la plus difficile de l'ascension. Cette portion passée on évite les pourcentages à deux chiffres. En revanche on retrouve tout au long de la
montée la même apocalypse que l'année dernière. Tout le monde fait comme il peut pour hisser sa carcasse mais bonne surprise : je souffre nettement moins que l'année dernière !! Je double plus
que je ne me fais doubler dans cette dernière montée et je peux finalement savourer un peu cette fin de course. Ma montée laborieuse du Télégraphe et du Galibier pèsent sur le chrono final,
alourdi d'une demi-heure par rapport à l'année dernière. Un peu déçu sur le moment mais finalement heureux d'avoir vaincu cette épreuve car sans ce coup de fil de Sandrine je pense que je
n'aurais pas raccroché dans la tête et aurais bâché à Bourg d'Oisans. Une expérience qui confirme que le vélo c'est autant si ce n'est plus dans la tête que dans les jambes !
Bravo aux cyclistes qui ont vaincu la marmotte et à également à ceux qui s'y sont confrontés ! Et pour finir merci à ma ptite chérie pour cette journée mémorable !
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires